A propos d’un documentaire sur les écrivains publics

dimanche 10 novembre 2013

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A propos du documentaire de France 5 sur les écrivains publics.

Tourné vers la fin 2010, diffusé une première fois en 2011, ce documentaire a été rediffusé dans la nuit du 5 au 6 novembre dernier. Il doit être encore visible pour peu de jours sur le site web de la chaîne.

Il m’a laissé sous le coup d’impressions diverses. L’ensemble est agréable à voir et donne de la profession une image fortement positive. C’est déjà beaucoup ! Quant à dire qu’elle est exacte et complète, je n’irais pas jusque là.

Les premières images et les premiers commentaires donnent beaucoup à réfléchir. On voit une EP qui opère sur les marchés installer un panonceau « écrivain public juriste ». Je ne sais pas ce qu’en a pensé l’Ordre des avocats, ou plus précisément je sais ce qu’il en aurait pensé, mais je ne sais pas si l’un de ses représentants a eu l’occasion de voir le film… Ou simplement l’envie d’y réagir. Pour ce qui est du commentaire il fait d’emblée assez fort en affirmant que « aujourd’hui en France plus d’un million de personnes chaque année consultent un écrivain public ». Nul ne sait d’où sort ce chiffre. Comme le même commentaire précise ensuite que les EP sont 600, le téléspectateur en déduit (s’il est un peu rapide en calcul mental) que chaque EP reçoit en moyenne 1 700 clients par an. Et si ce même téléspectateur est un peu fûté, il comprend à voir la suite du documentaire qu’une partie des 600 EP est spécialisée dans des activités où ils voient peu de clients (récits de vie, par exemple) et donc que les autres, ceux qui traitent beaucoup de petites affaires, voient peut-être 2 000 ou 3 000 clients par an. Bigre, quelle aubaine ! Si c’était vrai…

Autre affirmation faite un peu à la légère : « depuis dix ans de nombreuses mairies ont embauché des écrivains publics ». Il serait plus exact de dire que de nombreuses mairies ont compris l’intérêt de la formule, mais que moins nombreuses sont celles qui sont disposées à financer correctement cette prestation.

Ces remarques un peu acides étant faites, il faut répéter que le film est agréable à voir, bien construit, jamais ennuyeux. Sept EP y interviennent. C’est surtout l’aspect social du métier qui y est illustré (aide aux populations âgées, démunies ou fragiles, sur les marchés, dans les mairies et centres sociaux, en prison, en maison de retraite …) et c’est aussi le récit de vie. Sur le reste, peu de choses, sauf un petit détour par un discours de maire et la rédaction d’un CV, mais il fallait faire avec les sept qui étaient volontaires pour se faire accompagner dans leur pratique. Parmi eux un seul membre du GREC et aucun de l’AEPF, qui sont pourtant remerciés dans le générique. Il faut convenir qu’il n’est pas simple de voir propulsèes dans les médias les figures de certains de ses clients quand on fait un métier où la confidentialité est une vertu cardinale !

En résumé un film intéressant mais passant largement à côté des réalités économiques d’un métier dont il donne, à mon avis, une idée un peu trop enchanteresse.

Edmond Varenne

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