Le point du mardi : Des chiffres oui, mais en lettres !

mardi 14 octobre 2014

En bons professionnels de l’écriture que nous sommes, souvent fortement influencés par un goût prononcé pour la littérature, le moins que l’on puisse dire c’est que les chiffres ne nous inspirent pas toujours confiance. Surtout quand il s’agit de les écrire. Pourtant ni une, ni deux, prenons le temps de tirer cela au clair !

Les adjectifs numéraux cardinaux - les nombres pour les profanes ! – fonctionnent globalement comme des déterminants, c’est-à-dire qu’ils véhiculent sémantiquement le singulier ou le pluriel. Aussi sont-ils de ce fait, presque toujours, invariables. Nous écrirons donc : Les quatre filles du Docteur March  ; Le club des cinq  ; le rugby à quinze…

Toutefois il faut être vigilant en ce qui concerne vingt et cent qui ont la particularité de recevoir la marque du pluriel lorsqu’ils sont multipliés et non suivis d’un autre chiffre. Cela revient à orthographier : Un couple respectivement âgé de quatre-vingt-trois et quatre-vingts ans ; un loyer de six cents euros et deux cent cinquante euros de charges...

En revanche, cette règle ne s’applique pas à mille qui est définitivement invariable. Qu’on lise Les Mille et Une Nuits ou les cinq mille pages de l’Astrée, on ne pourra le faire varier en mil que dans les dates, comme en l’an mil sept cent quatre-vingt-neuf. Et encore : Pour les dates comprises entre 1001 et 1999 de l’ère chrétienne, c’est la graphie mil qui est correcte lorsque mil est suivi d’un autre nombre. On écrira donc le quatorze janvier mil neuf cent soixante-neuf. Enfin, après 2000, c’est la graphie mille qui s’impose.

Ajoutons enfin à ces diverses exceptions que un, vingt et cent restent invariables lorsqu’ils indiquent un rang dans une série : page deux cent  ; vers quatre-vingt  ; ligne vingt et un. En effet ils renvoient bien à la deux centième page, au quatre-vingtième vers et à la vingt et unième ligne. De la même façon, nous écrirons les années quatre-vingt et non pas les années quatre-vingts.
Quant au trait d’union, qui nous laisse souvent perplexes, il est nécessaire entre les termes des dizaines et des unités, sauf quand ceux-ci sont reliés par la conjonction et. Ainsi écrirons-nous : trente-deux  ; quatre-vingt-dix-sept  ; cent soixante-treize  ; vingt-cinq mille quarante-deux…

« Le pouvoir des nombres est d’autant plus respecté que l’on n’y comprend rien », dixit Voltaire, philosophe pourtant très éclairé. Nombre d’écrivains publics approuvent encore aujourd’hui, je les entends d’ici ! C’est pourquoi nous examinerons à la loupe dès mardi prochain les spécificités orthographiques des adjectifs ordinaux. La suite aux prochains numéros !

Sandrine Chevillon

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