Le point du mardi : Escale anglaise pour les écrivains publics !

mardi 9 février 2016

Par Sandrine Chevillon

Chers passagers, la traversée linguistique à bord du Lexique international se poursuit sous les meilleurs auspices : la brise orthographique et l’air iodé des flots de vocabulaire nous ont portés vers le rivage syntaxique shakespearien inexploré pour bon nombre d’entre nous. Le capitaine du radeau de la Grammaire vous souhaite une excellente escale anglaise !

Rappelons que l’importation de termes issus du vocabulaire anglais est apparue dès le XVe siècle. Ce phénomène s’est très sensiblement accru à partir du XIXe siècle et s’explique notamment par la mondialisation et l’utilisation de la langue anglaise dans les domaines industriel, commercial et financier. Le lexique importé est de ce fait en rapport avec la mode, les sports, la politique, la finance, le commerce ou bien encore la marine, comme en témoignent les mots suivants : ballast, bluff, bouledogue, boxe, boy-scout, clown, club, dandy, détective, express, gentleman, handicap, interview, jury, partenaire, pipe-line, trust, tunnel, turf, wagon, week-end… Cette liste, d’évidence non exhaustive, est en constante augmentation.

L’accord en nombre de certains noms communs importés répond à des règles en vigueur dans la grammaire anglaise.

  • Les noms terminés par –man font leur pluriel en –men, on écrit donc : des gentlemen, des policemen, des cameramen, des barmen, des sportsmen, des tenniswomen
  • Les noms terminés par une consonne + y perdent le y au pluriel qui se transforme en –ies. Aussi doit-on orthographier : des babies, des dandies, des whiskies, des ladies
  • Les noms terminés par deux consonnes font leur pluriel par l’adjonction de –es. Ainsi note-t-on : des flashes, des matches, des ranches, des sandwiches, des sketches, des speeches

Nous remarquerons néanmoins que, selon Les rectifications de l’orthographe du 6 décembre 1990, établies par le Conseil supérieur de la langue française, il est recommandé (mais pas exigé) de donner la marque du pluriel français, à savoir l’adjonction d’un –s final aux trois catégories précédentes. Aussi pouvons-nous rencontrer des gentlemans accompagnés de ladys, buvant des whiskys sous les flashs des photographes venus immortaliser des tenniswomans pendant leurs matchs.

  • Les mots box, fox et miss font quant à eux leur pluriel par l’addition de –es. Nous écrivons de ce fait à l’anglaise : des boxes, des foxes et des misses.

Cependant dans ce dernier cas, on préfèrera appliquer la règle française d’invariabilité et rentrer les chevaux dans les box sous les yeux des miss.

Veuillez reprendre place à bord du Lexique international, chers passagers. Sur un rythme de croisière hebdomadaire, nous jetterons l’encre à Point mardi prochain et débarquerons sur la grève syntaxique germanique.

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