Le point du mardi : Faites-vous aider par le bon auxiliaire !

mardi 31 mars 2015

(par Sandrine Chevillon)

Avoir le bon auxiliaire, c’est être sûr de ne pas se tromper. Passer maître dans l’art de choisir un auxiliaire demande simplement d’appliquer quelques règles élémentaires que je ne manquerai pas de vous détailler point par Point… du mardi ! Ainsi pour vous faciliter l’écriture, vous trouverez, à n’en pas douter, en ce Point un précieux auxiliaire !

De manière générale, les auxiliaires sont des verbes qui, dépossédés de leur propre sémantisme, servent à la formation des temps verbaux composés. Les auxiliaires par excellence sont indéniablement être et avoir. Employés dans la construction de formes verbales composées, ce sont eux qui sont conjugués. Par conséquent, leur terminaison indique à la fois le temps du verbe et porte la marque de l’accord avec le sujet : J’ai chanté, il avait parlé, je suis venu, tu étais parti…

La répartition des auxiliaires être et avoir est, somme toute, relativement fixée. En effet, se conjuguent avec être :
-  tous les temps des verbes à la voix passive : Elles sont félicitées ; Il a été reçu… ;
-  tous les temps composés des verbes pronominaux : Il s’est trompé ; Elles se sont évanouies… ;
-  les temps composés de quelques verbes intransitifs (autrement dit, qui n’acceptent pas de complément d’objet) exprimant, pour la plupart, un mouvement ou un changement d’état. Il s’agit des verbes : aller, arriver, décéder, devenir, échoir, éclore, entrer, mourir, naître, partir, repartir, rentrer, rester, retourner, sortir, tomber, venir, revenir, parvenir et survenir.

Remarquons, néanmoins, que le verbe être n’est pas considéré comme un auxiliaire quand il relie l’attribut au sujet (Le livre est intéressant) et lorsqu’il signifie « exister, se trouver, aller, appartenir » car il peut, dans ces différentes acceptions, avoir un complément : L’écrivain public est à son bureau ; Cette société est à lui…

À l’inverse, avoir permet de conjuguer :
-  les verbes avoir et être eux-mêmes : J’ai eu, nous avons été… ;
-  tous les verbes transitifs (c’est-à-dire qui possèdent un complément d’objet direct ou indirect) : Elle a écrit une biographie ; Vous avez collecté des informations aux archives ; Les enfants ont obéi à leurs parents… ;
-  la plupart des verbes intransitifs (hormis ceux cités précédemment) : Elle a parlé ; Ils ont couru ; Nous avons tremblé… ;
-  tous les verbes impersonnels proprement dits : Il a plu ; Il a neigé…

Précisons cependant que, pour ce qui est des verbes pris dans une tournure impersonnelle, on emploie le même auxiliaire que dans leur conjugaison personnelle. On écrira donc : Il est arrivé un malheur (car nous sommes arrivés en retard) ; Il aurait convenu de partir (car j’ai convenu d’un rendez-vous).

Il est, en outre, à noter que certains verbes intransitifs, ou pris intransitivement, se conjuguent avec l’un ou l’autre auxiliaire selon leur signification. Il s’agit principalement des verbes aborder, accourir, accroître, apparaître, baisser, cesser, changer, déborder, déchoir, dégénérer, déménager, descendre, diminuer, disparaître, embellir, empirer, expirer, grandir, maigrir, monter, paraître, passer, rajeunir, ressusciter, stationner, vieillir… On les utilisera avec avoir quand ils expriment l’action ou être quand ils indiquent l’état résultant de l’action accomplie. On distinguera ainsi : L’homme est passé à son bureau de l’homme a passé son chemin, ou encore elle a déchu de jour en jour qui n’a pas le même sens qu’il est déchu de ses droits.

« Être ou ne pas être » au point sur l’auxiliaire ? Telle est la question à laquelle nous répondrons la semaine prochaine !

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