Le point du mardi : Quand les écrivains publics montent en grade !

mardi 15 décembre 2015

Par Sandrine Chevillon

Nous qui sommes amenés à écrire des biographies de soldats, à imaginer des personnages de combattants, à réaliser des courriers pour des gradés ou encore à rédiger des discours de remise de médailles à des vétérans, nous ne sommes pourtant pas très familiers des conventions de langage de l’armée. Je vous propose de gagner nos galons à la pointe de la plume. Armons-nous de patience pour affronter l’escadron des subtilités lexicales. Camarades, à l’abordage !

En guise de rappel, observons tout d’abord les divers grades militaires. Le tableau ci-dessous récapitule la hiérarchie de l’armée de terre, de la gendarmerie nationale, de la marine nationale ainsi que de l’armée de l’air. Nous remarquons que les grades restent identiques, tandis que les appellations diffèrent quelque peu, selon l’armée à laquelle est incorporé le militaire.

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Tableau des grades militaires

Il est parfois d’usage, lorsque l’on s’adresse à un militaire, de faire précéder son grade du déterminant possessif « mon ». Toutefois, cette pratique est soumise à des règles précises, qui s’appliquent dans la correspondance autant que dans le dialogue, et dont voici le détail.

- Un militaire s’adressant à l’un de ses supérieurs utilise le déterminant possessif. Aussi écrirons-nous : « À vos ordres, mon capitaine / mon colonel / mon général ! », répondit le brigadier / le caporal / le quartier-maître. Notons toutefois quelques exceptions : major, caporal et sergent ne sont jamais précédés de « mon ». Ajoutons, enfin, qu’en Belgique, adjudant n’est jamais précédé de « mon ».

- De plus, on n’utilise jamais le possessif lorsque le supérieur est une femme car, étymologiquement, « mon » n’est autre que l’abréviation de « monsieur ». En ce qui concerne la féminisation des grades, je vous renvoie au Point du mardi, intitulé Quand les femmes sont au travail !, du 25 mars 2015.

- A contrario, un supérieur s’adresse à un subalterne sans possessif. Nous devrons de ce fait noter : « Capitaine / colonel / lieutenant ! », s’écria le général.

- Dans la marine, cependant, on n’use jamais du déterminant possessif pour interpeller un gradé : « Amiral ! », appela le lieutenant de vaisseau.

- Un homme ou une femme, ayant été militaire, utilise le déterminant possessif selon les règles stipulées précédemment.

- Les civils qui s’adressent à un gradé n’emploient pas le possessif : « Colonel, avez-vous connu mon père ? », demanda le jeune garçon. Précisons, en outre, qu’une femme doit utiliser l’appellation du grade sans le possessif : « Général, mes amitiés à votre épouse », balbutia-t-elle. Néanmoins une jeune femme, quant à elle, s’adressant à un officier d’âge respectable ou de grade élevé, ajoutera « monsieur » devant la dénomination du grade ou dira seulement « monsieur » : « Monsieur le colonel / Monsieur, avez-vous fait bon voyage ? », s’enquit la jeune femme.

Garde à vous, chers écrivains publics, les erreurs sont légion. L’armistice arrive à Point, ce mardi. Repos !

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