Le mot du jeudi : geek

jeudi 19 novembre 2015

Par Marie-Agnès de Franqueville

Écrire ensemble vous propose cette semaine un anglicisme très répandu chez un public branché d’informatique.

Mot anglo-américain signifiant fou de, un geek est un passionné d’informatique, de science-fiction, de jeux vidéo, de programmation informatique, etc., toujours à l’affût des nouveautés et des améliorations à apporter aux technologies numériques. Nom masculin, il est aussi adjectif et relatif aux geeks, à l’image d’une communauté geek. Prononcé « guik », ce mot est parfois employé de façon péjorative, car il côtoie les « nerds » et les « no-lifes » lorsqu’ils sont « noyés » dans leur monde irréel. Un nerd, lui aussi mot anglo-américain, est un nom masculin péjoratif qui désigne une personne dont la passion obsessionnelle, généralement pour les mathématiques et l’informatique, conduit souvent à vivre en marge de la société. Quant au no-life, mot absent des dictionnaires mais couramment utilisé, il décrit une personne n’ayant pas de vie. Issu de l’anglais no, « non » et life, « vie », le no-life est un geek n’ayant plus aucune vie sociale du fait de son addiction. Il en serait réduit à ne se lever de son fauteuil trônant devant son ordinateur, uniquement pour se libérer de besoins physiologiques primaires.

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Le monde tourne autour du Web

Le geek est donc un accro d’informatique en tout genre, passionné, plus ou moins dépendant. Les geeks ou geekettes au féminin, se retrouvent sur Internet mais aussi dans le monde réel appelé IRL, autrement dit In Real Life, « la vraie vie ». Cette abréviation répandue dans la communauté geek ne s’inscrit pas encore dans notre dictionnaire, tout comme le meuporg, jeu de rôle en ligne (sur le web) à multijoueur, accusé de provoquer une cyberdépendance, entendez une addiction d’Internet. Le cliché du geek serait incarné par certains de nos adolescents rebelles (ou pas) qui passent leur temps derrière leurs ordinateurs à jouer aux jeux vidéo, à tester les derniers modèles de téléphones portables ou de gadgets électroniques. J’entends d’ici des parents vociférer pour que leurs enfants arrêtent de faire leur « geek ». Avouons haut et fort qu’un ado geek possède, en général, un très bon niveau en informatique qui ridiculiserait plus d’un parent !

Ce mot contemporain de geek possède néanmoins sa propre histoire. Il proviendrait de l’ancien allemand geck, « fou rejeté par la société ». En patois français du Nord-Est, le terme gicque désigne un fou de carnaval. Aux bals du carnaval de Dunkerque, les « carnavaleux » dansent la ronde des gicques. Dans l’Empire austro-hongrois du XVIIIe siècle, les cirques ambulants présentaient des gecken, « monstres de foire ». Ce phénomène s’étend en Amérique du Nord où l’on parle alors de freak, « monstre de foire », puis de geek vers les années 1960 dans les universités à propos de matheux et d’intellos, eux-mêmes rejetés socialement. Le geek actuel a redoré son blason grâce à son génie informatique et sa passion dévorante. Tout geek qui se respecte aime à parler de son geekisme, sa philosophie de vie. Ce néologisme répond encore une fois absent aux abonnés du Larousse, mais se dit tous les jours. Il va peut-être falloir un jour se mettre à la page, si l’on veut maintenir la communication entre les générations. Ainsi, nous pourrions résumer la situation par cette annonce :

« Cherche geekette guillerette ou geek stoïque et dynamique pour mise à niveau informatique ».

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