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La chaîne publique franco-allemande Arte propose un documentaire sur l’histoire de l’écriture.

Odyssee de l'ecritureL’histoire de l’écriture a façonné le monde d’aujourd’hui… C’est ce qu’illustre brillamment L’odyssée de l’écriture, un documentaire passionnant en trois parties qui sera diffusé sur Arte ce samedi 21 novembre (et qui y restera disponible jusqu’au 19 janvier). Philologues, égyptologues, calligraphes, neuroscientifiques et historiens interviennent pour démontrer que l’histoire de l’écriture, c’est l’histoire des civilisations elles-mêmes.

Voici un résumé du documentaire en quelques mots…

Le besoin d’écrire ses pensées et de décrire le monde par l’écrit a commencé il y a plus de 4 000 ans, par le dessin de symboles représentant des objets, puis des sons. Les messages se déchiffraient alors comme des rébus. Puis les sons sont devenus des lettres, et les premiers alphabets sont apparus. Dans l’Antiquité, les Romains et les Grecs produisent de nombreux rouleaux de papyrus et mettent ainsi les lettres et la culture à la disposition de tous. En revanche, en Europe jusqu’à la fin du Moyen Âge, les codex seront trop rares et trop onéreux pour être fabriqués en quantité et permettre de lutter contre l’illettrisme. De l’autre côté des mers, en Chine, la recette du papier est un secret longtemps bien gardé, jusqu’à l’invasion arabe qui marquera le début de l’âge d’or de l’islam et permettra la diffusion des sciences, des mathématiques, de l’astronomie… qui parviendront en Europe au XVIe siècle.

La grande régularité des lettres de l’alphabet latin et leur dissociation facile les unes des autres ont permis à Gutenberg de les couler en caractères mobiles. Rapidement, l’imprimerie supplante les livres manuscrits qu’elle reproduit avec perfection, et dès lors, la connaissance et la culture peuvent être diffusées à tous les niveaux de la société occidentale. En revanche, l’alphabet arabe, avec ses lettres et ses mots entrelacés, de même que l’alphabet chinois, avec sa profusion de signes, ne connaissent pas un tel essor. On comprend ainsi pourquoi l’écriture occidentale moderne est devenue le symbole du développement et de la modernité, en amenant l’alphabétisation et les lettres à la portée de tous. Ailleurs dans le monde, le désir de modernisation a commencé par le rejet des alphabets traditionnels (arabe, chinois, cyrillique) qui s’est opéré plus ou moins brutalement et plus ou moins totalement, et avec des conséquences plus ou moins lourdes.

Aujourd’hui, la technologie toujours en progrès façonne le monde et le transforme. On n’écrit plus, on tape… sur des claviers numériques. Pour les Arabes et les Chinois, on invente le franco-arabe et le pinyin mandarin qui associent les caractères romains aux différents phonèmes, créant ainsi une nouvelle forme d’alphabet, et d’alphabétisation. Le risque de l’évolution numérique est d’entraîner la disparition progressive de l’écriture, du geste même de l’écriture, conduisant à la disparition concomitante de toute la spiritualité et de toutes les richesses culturelles qui s’y rapportent… Si l’écriture disparaît, les cultures disparaissent… À nous de voir.

Sylvie Poulet

Sur Arte le 21 novembre et sur Arte.tv

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