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Les actualités de l’AEPF

L’AEPF à la cérémonie des vœux du maire du 2e arrondissement de Paris

Jacques Boutault entouré de ses adjoints et de la directrice de la maison des association des 1er et 2e arrondissements.

Ce mardi 14 janvier 2020, le maire du deuxième arrondissement Jacques Boutault (EELV) a présenté ses vœux aux associations qui ont leur siège sur le territoire de son arrondissement (192 au total). Vous ne saviez peut-être pas, mais c’est le cas de l’Académie des écrivains publics de France domiciliée 23 rue Greneta à Paris (75002).

Ces vœux étant les derniers de la mandature, une pointe d’émotion était perceptible dans les échanges. Dans son discours, Jacques Boutault a remercié les acteurs associatifs et les a encouragés à continuer leur action. C’est bien ce que nous comptons faire, en défendant au mieux la reconnaissance et les intérêts de notre profession, ainsi que la qualité de nos prestations d’écriture au service de ceux qui ont besoin d’une « plume ».

Encore très bonne année à tous !

Caroline Faure

Plan pauvreté : la profession sollicite collectivement le gouvernement

Notre profession est mentionnée dans l’une des 21 mesures présentées en septembre 2018 par Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, dans le cadre de la « Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté ».

La mesure n° 18 indique en effet : « Une rénovation du travail social pour mieux accompagner les parcours de vie : ouverture des lieux de l’intervention sociale à toute la population, transformation des formations du travail social pour développer les pratiques “d’aller vers” les personnes, création de nouveaux diplômes universitaires et de nouveaux métiers (écrivains publics, médiateurs sociaux, développeurs sociaux). » 

C’est pourquoi à l’initiative de l’AEPF, une demande de rendez-vous a été adressée par l’AEPF, le GREC, Epaca Sud et le SNCPE à Aude Muscatelli, directrice adjointe de cabinet chargée des solidarités au cabinet d’Agnès Buzyn et à Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes.

Nous écrivons dans ces courriers :

« Issu d’une tradition séculaire, notre métier ne peut être considéré comme “nouveau”, non plus que beaucoup de besoins auxquels il répond. Nous sommes néanmoins persuadés que c’est un métier qui doit se développer tant l’écrivain public peut jouer – et joue déjà là où il est présent – un rôle essentiel auprès de publics fragilisés en particulier, en matière d’accès aux droits, dans une période marquée par la dématérialisation de nombreuses démarches.
Nous souhaiterions donc pouvoir vous rencontrer afin de vous présenter l’action qui est la nôtre dans ce domaine et d’étudier avec vous la manière dont nos organisations représentatives et les membres qui les composent peuvent être associés à la mise en œuvre de cette mesure. »

Nous vous tiendrons bien entendu informés des suites qui seront données à ces courriers.

Le conseil d’administration de l’AEPF

Devenir biographe hospitalier

Avec l’association « Passeur de mots, passeur d’histoires » et Valéria Milewski, j’ai participé à une formation de biographe hospitalier.

En 2007, l’équipe soignante du service d’oncologie-hématologie de l’hôpital Louis-Pasteur de Chartres et Valéria Milewski, biographe hospitalier, proposent aux personnes gravement malades de se raconter. Ensemble, ils créent l’association « Passeur de mots, passeur d’histoires ». Le récit de vie est offert aux personnes biographiées ou un proche désigné sous forme d’un très beau livre d’art. Des formations sur trois jours sont proposées pour mieux appréhender cette nouvelle démarche. Deux prérequis sont nécessaires pour cette formation : être l’auteur de deux biographies (a minima) et être soignant ou bénévole auprès des personnes gravement malades. Journalistes, écrivains biographes, soignants et bénévoles accompagnants de la fin de vie sont autant de candidats aptes à cet enseignement.

Deux journées parisiennes permettent d’expliquer et de détailler la rencontre avec la personne malade, la méthode de retranscription, l’attitude du biographe, la philosophie de la biographie hospitalière, ses vertus, ses différents lieux d’exercice et ses bénéficiaires. La troisième journée se passe dans le service de Valéria Milewski à Chartres. Le groupe de formation (quatre personnes environ) rencontre l’équipe soignante et le chef de service, lui-même président de l’association « Passeur de mots ». Une personne biographiée accepte parfois de témoigner de la rédaction de son livre. L’accent est enfin mis sur le déroulement des entretiens, la Charte éthique et la définition du projet du futur biographe hospitalier. À ces trois jours s’adjoignent un suivi, une mise en réseau, une réflexion collégiale et des journées régionales de formation continue.
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Marie-Agnès Girault – de Francqueville

Lire à ce sujet l’entretien avec Valéria Milewski pour le magazine infirmier ActuSoins :

https://www.actusoins.com/320482/biographie-hospitaliere-ecrire-la-vie-des-patients-pour-quils-se-sentent-mieux.html

« Joseph François Mangin, l’homme qui imagina Manhattan »

Pour le compte d’un de ses descendants, Thibaud Leroy, j’ai écrit la vie de ce Lorrain de Dompaire (Vosges) qui partit vers les îles à sucre en 1786 dans l’espoir d’y faire fortune et que les révolutions et les guerres conduisirent à New York dont il contribua à modifier la physionomie. Le récit est fidèle à la vérité historique, mais il est traité aussi comme un roman d’aventures, ce qui s’est fait sans difficulté, car la vie de Mangin est une extraordinaire aventure …

L’ouvrage peut être acheté sur le site créé pour l’occasion par Thibaud Leroy, sous différentes formes.

On y trouvera d’ailleurs quelques détails biographiques sur Joseph François Mangin, et son frère Charles Nicolas. Pour les curieux, leur maison natale existe toujours à Dompaire, elle est devenue le siège de la poste.

Edmond Varenne
https://arbramo.com

 

 

Un tout petit patron à bac moins sept, de forgeron à industriel

récit d'entreprise

C’est parce qu’il n’était pas bon en français à l’école, qu’il se voyait comme un cancre et qu’il n’a pas pu passer son CAP que Jacques Dallard, devenu pourtant chef d’entreprise reconnu, se présentait toujours par « Oh vous savez, avec mon bac moins sept.» C’est donc cette expression qui le caractérise pleinement auprès de ses anciens collaborateurs, employés et amis que nous avons choisie comme titre pour le récit qu’il vient de signer. Formidable aventure à quatre mains pour écrire cette histoire d’entreprise passionnante.

Magali Revol

 

 

 

 

En quatrième de couverture

Jacques Dallard, ancien chef d’entreprise en tôlerie industrielle à Saulce-sur-Rhône pendant cinquante ans, ex-patron des deux sociétés Tôlerie Dallard et Micro Tôlerie Dallard, revient sur son parcours commencé à quatorze ans comme forgeron avec son père.
Il raconte l’aventure Dallard vécue avec sa femme Rosita, aventure familiale et professionnelle menée avec détermination et passion, dont il livre les réussites, la dimension humaine, l’esprit Dallard, mais aussi les erreurs et les coups durs. Ce récit, en plus d’être un formidable témoignage sur l’évolution du métier de tôlier des années 70 à nos jours, est avant tout un acte de gratitude envers sa femme et envers celles et ceux qui ont « rendu cette histoire possible. »
Écrit courageusement en fragments manuscrits et dysorthographiques par la main d’un homme humble n’ayant pas réussi à l’école, le récit que Jacques Dallard fait de son parcours hors-norme a cette force de donner espoir en tous nos projets professionnels.

La Poste à Mayotte : une initiative ingénieuse

Le journal de Mayotte, dans son édition en ligne du 18 octobre 2019, nous apprend que La Poste met à disposition du public quarante écrivains numériques. En effet la généralisation des formalités administratives via internet a frappé Mayotte, territoire où l’illettrisme électronique, et même l’illettrisme tout court, affecte 80 % de la population.

Ce handicap n’a pas – semble-t-il – beaucoup ému les autorités préfectorales, mais il a alerté La Poste, qui a recruté quarante jeunes. À ce point du récit on citera deux extraits de l’article, auquel on pourra se reporter si on le souhaite en cliquant ici.

Premier extrait : À la fin du mois, les 21 points contacts de La Poste seront connectés à un réseau Wifi dédié, « Wifi first », « il sera gratuit pour tous les Mahorais, à raison d’une demi-heure pour ceux qui n’ont pas d’adresse “laposte.net”, et deux heures pour les autres. » Les jeunes volontaires en service civique auront donc pour priorité d’inciter à se doter de l’adresse postale. Une bonne opération commerciale donc également pour l’opérateur. « A la fin du mois, nous serons la première direction régionale de France à fonctionner en 100 % numérique. » Fonctionnement des automates, aide au téléchargement de l’appli « La Poste », on voit la mutation des actions des écrivains numériques.

Deuxième extrait : Ils (les jeunes volontaires) seront rémunérés par plusieurs biais. Tout d’abord le dispositif national des Volontaires en service civique, « qui est fonction de leur situation sociale, mais avec un plancher à 496 euros, auxquels s’ajoutent 120 euros de La Poste, qui dépassent le minimum de 107 euros, ainsi qu’un tutorat par Tifaki Hazi », explique Saoudat Abdou, directrice de la communication de La Poste. L’association de service à la personne a créé une entreprise de travail temporaire pour insérer les jeunes en difficulté.

Résumons : dans un territoire lointain où l’analphabétisme fait rage, l’administration est passée néanmoins au tout numérique, sans (sauf erreur) prendre de vraies mesures d’accompagnement. La Poste a compris qu’il y avait là une brèche où s’engouffrer. Elle a mis en place pour neuf mois (qui ne résoudront aucun problème de fond) quarante jeunes qui ne lui coûtent que 120 euros mensuels (plus des charges sociales, peut-être) et a investi 100 000 euros dans des tablettes, non pour les beaux yeux du public, mais pour recruter de nouveaux clients, qui seuls auront droit aux deux heures gratuites (dont l’article ne dit pas la périodicité). Un bon coup de pub, une bonne opération commerciale à peu de frais, avec la complicité d’une administration indifférente ou maintenue par force dans l’inaction, comme on voudra. Ainsi va la vie.

Edmond Varenne

4e concours de nouvelles du CNFDI : l’excipit chasse l’incipit

Le Centre national privé de formation à distance (CNFDI) organise son quatrième concours de nouvelles.

Si l’édition précédente imposait un incipit (désigne soit le premier vers d’un poème, soit plus généralement le commencement d’une œuvre), celle de 2019-2020 a pour contrainte l’emploi obligatoire de l’excipit négatif « …Et il disparut pour toujours. »

L’excipit est un terme employé en analyse littéraire qui désigne les dernières lignes d’une œuvre.

Sortez vos feuilles et vos stylos, vous avez jusqu’au 31 décembre.

>> Toutes les informations sur le règlement et les conditions de ce concours sont sur le site du CNFDI

Le 18 octobre : neuvième salon littéraire de la gastronomie

Avis aux amoureu.ses.x des livres, goûtant également les arts de la table. L’une de nos membres, Corinne Boisbluche, emmène son biographé 2018, Marcel Derrien, ancien directeur de l’école Lenôtre et unique professionnel sacré « l’un des Meilleurs Ouvriers de France » classe pâtisserie et chocolaterie en 1968, participer au 9e salon littéraire de la gastronomie, à l’occasion du prix Archestrate 2019, dans les salons de l’école hôtelière de Paris, rue Médéric, Paris 17e.

Venez vous joindre au large public de gourmets et autres épicuriens de la fourchette comme de la plume, à l’occasion de cet événement organisé par cocktailetculture.com le vendredi 18 octobre de 19 h à 21 h.

 

Beurre, sucre et ferveur, Marcel Derrien artiste chocolatier sera proposé à la vente dédicacée, à cette occasion en présence de son auteur.

Exclusion numérique : un « livre blanc » et un colloque

Jeudi 3 octobre 2019 s’est tenu à l’Assemblée nationale un colloque intitulé « Treize millions de personnes exclues du numérique : des idées pour agir » afin de lutter contre ce que les spécialistes nomment l’illectronisme.

D’année en année, la fracture numérique se creuse et touche de nombreux Français. Si la dématérialisation des services publics progresse à grands pas, simplifiant pour beaucoup de nos concitoyens les démarches administratives et offrant un gain de temps précieux, une partie de la population est exclue de cette évolution et souffre d’illectronisme. Dans son livre blanc publié sur ce sujet en juin 2019, le syndicat de la presse sociale indique que 23 % des Français ne se sentent pas à l’aise avec les outils numériques.

Les personnes âgées sont les plus touchées par cette exclusion numérique qui comprend aussi bien les difficultés d’accès que les difficultés d’usage. Selon le livre blanc, si 27 % des 60 ans déclarent ne jamais utiliser Internet, ce chiffre passe à 42 % pour les plus de 80 ans.

Mais cette inégalité générationnelle ne concerne pas uniquement les séniors. En effet, contrairement aux idées reçues, les jeunes ne sont pas épargnés par l’illectronisme. Bien que très à l’aise sur les réseaux sociaux et les jeux vidéo, beaucoup font un blocage dès qu’il s’agit de postuler à une candidature sur Internet ou d’effectuer des démarches administratives.

Quant au niveau d’études, il reste un facteur discriminant : les adultes peu ou pas diplômés rencontrent plus de difficultés dans l’utilisation des outils numériques.

Les inégalités territoriales pèsent aussi dans cette fracture. Selon le Défenseur des droits, Jacques Toubon, 500 000 personnes vivent dans des zones blanches, à savoir des zones géographiques dépourvues de connexion Internet et mobile. De plus, vivant en milieu rural, les citoyens de ces zones sont également éloignés physiquement des pôles urbains où peuvent s’effectuer les démarches administratives.

Enfin, les personnes sans domicile fixe ont un accès au numérique rendu plus difficile par leurs conditions de vie et leur précarité (manque de ressources, absence de domiciliation).

Tout comme l’illettrisme, l’illectronisme engendre des inégalités et exacerbe les problèmes sociaux et économiques. L’ambivalence des nouvelles technologies, à la fois sources de progrès et de clivages, accélère la vulnérabilité des personnes déjà fragilisées qui subissent alors la double peine.

Carla Pinto

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“Au 98”, la découverte d’une famille

Dans les années 1920, une fillette, Louise, a séjourné à plusieurs reprises au 98 de la rue du Chemin-Vert à Paris. Elle est accueillie par sa tante paternelle qui s’est installée dans l’appartement occupé précédemment par sa famille maternelle vaincue par la tuberculose. À partir des rares souvenirs de Louise, de recherches dans diverses archives et de lectures d’ouvrages, cette famille a repris vie au travers du récit. Dans le même temps, c’est un peu l’histoire de l’immeuble et du quartier au début du XXe qui se dévoile.

Pourquoi cet ouvrage ?

Parce qu’un jour, je me suis inscrite à la formation de l’AEPF sur la biographie, pleine de doutes sur les leçons que j’en tirerais, plus encline que j’étais à rédiger des écrits administratifs et à relire des textes juridiques. À la fin d’une formation complète et dynamique, j’étais pleinement déterminée à m’engager dans la voie de la rédaction de récits.

Parce que Louise avait tissé un lien particulier avec l’appartement du 98 qu’elle avait en réalité peu fréquenté, mais qui demeurait de façon nostalgique celui de sa mère, de ses grands-parents, de ses oncles et tantes, disparus pour la plupart dans les années 1920 d’une maladie qu’on ne savait pas encore soigner. Peu d’informations lui avaient été transmises malgré l’installation dans le même appartement de la sœur de son père. Bien que n’étant pas généalogiste, mes recherches dans les archives ont permis de mettre à jour le cheminement des membres de sa famille. Le bonheur de cette découverte pour les survivants et leurs descendants a été pour moi la plus belle des récompenses.

Anny-Claude Derouen

https://acderouen.wixsite.com/lecrivotre