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Les actualités de l’AEPF

Quand « nos » écrivains publics nous écrivent

L’envoi, par les membres de l’AEPF, de leur cotisation, est parfois accompagné de messages, de quelques mots à plusieurs phrases et même d’un poème. Pour des vœux, des encouragements, des remerciements, pour faire une annonce ou partager des difficultés, pour formuler des attentes. Florilège.

Des vœux

  • « Tutti va bene »
  • « Bonne année ! »
  • « Meilleurs vœux pour l’année 2019 »
  • « Bonne année 2019 à vous et au plaisir de vous rencontrer. Cordialement. »
  • « Avec tous mes meilleurs vœux pour une belle année 2019 ! Bien cordialement. »
  • « Tous mes meilleurs vœux à l’ensemble du bureau de l’Académie. »
  • « Meilleurs Vœux […] Je renouvelle mon adhésion car j’adhère à vos valeurs. »
  • « Je vous souhaite une belle année 2019, qu’elle vous préserve ainsi que vos proches. »
  • « Avec mes meilleurs vœux de santé, de joie, réussite, et sérénité pour 2019. Confraternellement. »
  • « Bonne réception et avec tous mes vœux pour la nouvelle année, Cordialement. »
  • « Avec mes meilleurs vœux pour 2019 »
  • « Belle année 2019 »
  • « Meilleurs vœux 2019

« Le seul fait de rêver est déjà très important. Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns. Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier. Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences. Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants. Je vous souhaite de respecter les différences des autres, parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir. Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure, à la vie, à l’amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille. Je vous souhaite surtout d’être vous, fier de l’être et heureux, car le bonheur est notre destin véritable.»

Les vœux de Jacques BREL, 1er janvier 1968 (Europe 1)

Des remerciements

  • « Merci beaucoup de m’accueillir parmi vous. Je fais mon possible pour venir le vendredi 24 mai »

  • « 1) une très belle année encore et encore emplie de jolis mots ; 2) mes remerciements pour toute l’organisation et l’intendance que vous assurez pour nous, pour moi ; 3) de gros bisous d’une « collègue » qui de son petit niveau, apprécie beaucoup l’AEPF et dont elle est fière d’être membre ! »

  • « Magnifique travail fait par l’association, notamment dans le registre de l’apprentissage. Je regrette d’avoir la mer à traverser pour participer à ces formations, les réunions… En Corse, on peut se sentir très isolée… Bonne continuation. »

  • « Pour différentes raisons (en particulier liées à ma santé) je suis actuellement en cours de clôture de mon activité sous sa forme actuelle (profession libérale). […] L’AEPF (que j’ai toujours citée et recommandée lorsque j’ai été de nombreuses fois sollicitée pour une prestation que je n’étais pas en mesure de réaliser) représente pour moi à la fois :

    • une association pérenne qui a su s’adapter et évoluer pour inscrire l’écrivain public dans son époque ;
    • les murs porteurs d’une activité où la déontologie est primordiale ;
    • un cadre rassurant (lettres d’info, AG, échanges avec les collègues, etc.) et dynamique.
  • Pour toutes ces raisons, je souhaite conserver mon agrément. Cordialement. »

Des attentes

  • « En espérant que cette occasion apportera un peu de chance à ma reprise d’activité en retraite, je vous souhaite une belle continuation et le succès dans votre entreprise. Bien cordialement. »

  • « J’apprécierais que des manifestations soient organisées à Lyon et pas seulement en région parisienne. »
  • « Au plaisir de vous retrouver je l’espère les 24 et 25 mai prochains. Excellente continuation à vous toutes et tous. Amicalement. »

  • « De nouvelles actions et formations ? À très vite. »

Des excuses

  • Toutes mes excuses pour ce retard, j’ai perdu mon papa au mois de janvier…

Des adieux

  • « Je ne renouvellerai pas ma cotisation en 2020 […] Avec toute ma sympathie (je garderai d’excellents souvenirs de l’AEPF). »

  • « J’ai tardé à répondre à l’appel à cotisation car je cherchais une solution financière. Mais au bout du compte je suis au regret de ne pas pouvoir renouveler ma cotisation cette année. Je suis toujours en congé longue maladie dans mon activité principale et mon employeur, ne pouvant me reconvertir, me demande d’attendre septembre 2020 pour me mettre à la retraite anticipée, date à laquelle je pourrai développer à nouveau mon activité accessoire d’écrivain public. Dans cette attente il m’est malheureusement impossible, légalement, d’avoir une activité parallèle. L’an dernier j’ai néanmoins payé ma cotisation par fidélité à notre association. Malheureusement je suis passée aujourd’hui à demi-traitement depuis septembre (et en surendettement BDF calculé sur mon salaire entier, et que je tente aujourd’hui de faire recalculer sur mes revenus encore diminués), et il m’est réellement impossible d’assurer le paiement d’une cotisation entière ou même d’une cotisation sympathisant. Je suis donc au regret de devoir m’éloigner de l’AEPF un an et demi, le temps de retrouver le moyen de compléter mes revenus. Croyez bien que je le regrette profondément. Bien cordialement. »

  • « À compter de cette année, je ne renouvellerai pas mon adhésion à l’AEPF. Trop accaparée par mes obligations professionnelles, je n’ai pas trouvé le temps de me consacrer correctement à mon activité d’écrivain public. […] Je souhaite néanmoins à l’AEPF une bonne continuation. Je ne manquerai pas de suivre votre actualité chaque fois que possible. Bien cordialement. »

Pascal Martineau, avec Sylvie Poulet, trésorière adjointe, qui a eu la bonne idée de rassembler tous ces messages

Dématérialisation des services publics : le bis repetita du Défenseur des droits

D’année en année, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, n’en finit pas de tirer la sonnette d’alarme sur les risques et les conséquences de la dématérialisation « à marche forcée » (il persiste et signe) des services publics.

Bis repetita dans son rapport d’activité pour 2018.

Dans la première partie, dont le titre – « Alerter les pouvoirs publics » – annonce à la fois la couleur et l’urgence, il consacre un chapitre à l’accès aux droits et aux services publics.

Considérant que ces derniers sont « porteurs d’une valeur essentielle : la solidarité », il écrit :

« Tenus d’assurer une continuité d’action et de s’adapter aux besoins des usagères et usagers, porteurs des valeurs d’intérêt général, les services publics sont perçus de longue date comme constitutifs à la fois du lien social et du lien qui unit chacun à l’État, garant de la cohésion sociale. »

Taclant sans réserve le fiasco initial de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), passage obligé et tortueux pour les certificats d’immatriculation notamment, il donne la parole à Bernard Dreyfus, délégué général à la médiation avec les services publics :

« On n’a pas compris qu’entre fractures d’accès et fractures d’usage du numérique, c’est un pan non négligeable de la population qui se sent exclu dans sa relation avec le service public au sens noble du terme et qu’il convient non seulement d’accompagner, mais aussi de vite rétablir une proximité qui n’est pas que géographique. »

Puis Jacques Toubon rappelle :

« Dans son rapport Dématérialisation et inégalités d’accès aux services publics, le Défenseur des droits préconise que les gains de la dématérialisation soient en partie consacrés à la mise en place d’actions et de dispositifs d’accompagnement permettant d’assurer l’accès aux services publics de toutes et tous. »

Avant d’asséner :

« L’État doit être le premier accompagnateur des usagères et usagers dans l’appropriation du numérique. »

Jacques Toubon « constate deux évolutions préoccupantes » :

« D’une part, le renforcement des obstacles dressés devant l’accès aux droits des populations défavorisées pour lesquelles l’accueil, qui constitue le cadre indispensable au dialogue et à l’échange d’informations, est la voie d’accès privilégiée aux droits. D’autre part, l’extension de la “non réponse” des services publics à l’ensemble des usagers, souvent ballotés d’une plateforme téléphonique inaccessible à un site internet aussi difficile d’accès. »

Ainsi, faisant écho à ce que constatent beaucoup d’écrivains publics et d’intervenants sociaux, le Défenseur des droits affirme :

« Dans de nombreux cas, les difficultés que doivent surmonter les usagères et usagers pour accéder à leurs droits de manière effective s’apparentent moins à des défaillances qu’à des obstacles mis en place plus ou moins délibérément par les pouvoirs publics. »

Car Jacques Toubon n’est pas dupe :

« Si la dématérialisation est le plus souvent un projet de modernisation des services publics au service de tous les publics, elle est aussi et parfois un palliatif à la réduction des services d’accueil du public guidée par une logique budgétaire. »

Bien entendu, ce nouveau constat accablant renforce la pertinence de la lettre-pétition nationale lancée par l’AEPF « Pour un réel accompagnement de la dématérialisation ».

Pascal Martineau

>> Lire le rapport d’activité 2018 du Défenseur des droits
>> Signer et diffuser la pétition de l’AEPF
>> Le site du Défenseur des droits

Centre pénitentiaire d’Orléans Saran : un écrivain public au rapport

Le Centre pénitentiaire d’Orléans-Saran a été inauguré en 2014

Écrivain public au Centre pénitentiaire d’Orléans-Saran (CPOS) depuis novembre 2014 où j’interviens une journée par semaine, j’ai auditionné en avril 2016 par des représentants de la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Adeline Hazan.

Autorité indépendante, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté a pour mission de veiller à ce que les personnes privées de liberté soient traitées avec humanité et dans le respect de la dignité inhérente à la personne humaine. Il peut, pour cela, visiter à tout moment, sur l’ensemble du territoire français, tout lieu où des personnes sont privées de liberté. Chaque visite, qui s’étale sur plusieurs jours, fait l’objet d’un rapport public.

Dans le rapport qu’ont rendu les sept contrôleurs qui sont venus au CPOS du 4 au 14 avril 2016, mon activité au sein de cet établissement est signalée (page 86) :

« Un écrivain public qui intervient également à la MJD, répond régulièrement aux sollicitations de personnes détenues et à des prescriptions que lui font des CPIP [conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation, ndlr]. Depuis l’ouverture, il a ainsi conduit 401 entretiens qui ont concerné 178 personnes détenues. Durant l’année 2015, il a conduit 226 entretiens de 110 personnes détenues. Les sujets sur lesquels il est sollicité sont dans l’ordre de fréquence : des procédures administratives (courriers à la caisse d’allocation familiale, à des juges des enfants, à la maison départementale des personnes handicapées, sur des procédures de surendettement…), procédures judiciaires (demande d’aide juridictionnelle, courrier à des avocats, dépôts de plaintes…), curriculum vitae, courriers personnels, courriers internes à la prison ( lettre de motivation pour UVF, autres demandes diverses). »

Je suis également cité pages 81 et 121.

Pascal Martineau

>> Lire le rapport
>> En savoir plus sur le Contrôleur général des lieux de privation de liberté
>> Découvrir l’ensemble de mon activité d’écrivain public-biographe

Un colloque de l’AEPF en 2019 : « L’écrivain public, un écrivain comme un autre ? »

Le vendredi 24 mai 2019 à La Générale » à Montreuil : les inscriptions sont ouvertes.

Après Lyon en 2011 et Paris en 2014 et 2016, la quatrième Journée nationale de l’écrivain public (JNEP) se tient le vendredi 24 mai 2019 à Montreuil en Seine-Saint-Denis, dans les locaux de l’école du théâtre et de l’image « La Générale ». La salle est accessible aux personnes à mobilité réduite.

Le thème en est : « L’écrivain public, un écrivain comme un autre ? »

L’objectif d’une telle journée est tout à la fois de s’interroger sur et de débattre de la pratique du métier d’écrivain public en la mettant en perspective avec les réalités auxquelles les professionnels sont confrontés.

Quatre thématiques seront abordées au cours de ce colloque ponctué d’interventions de spécialistes, de témoignages d’écrivains publics professionnels et de leurs clients, et de débats avec les participants : 

La correction d’œuvres littéraires

Corriger un manuscrit avant sa publication est une étape indispensable dans le parcours de toute œuvre littéraire. Le plus souvent, cette tâche est confiée à des correcteurs. Mais, à l’heure de l’autoédition, des auteurs ainsi que certaines maisons d’édition optent pour les services d’un écrivain public. À travers les témoignages d’un acteur de l’édition et d’un auteur de manuscrits, nous prendrons la mesure de l’apport que peut offrir un tel professionnel de l’écriture.
De l’orthotypographie à la mise en exergue de « failles » dans la diégèse, en passant par l’examen des choix narratifs, l’écrivain public se fait parfois critique littéraire. Son regard de technicien objectif lui permet ainsi de guider l’auteur vers des améliorations opportunes de son texte.

  • Coordination : Sandrine Chevillon, écrivain public, administratrice de l’AEPF.
  • Intervenants : Bernard Stéphan, directeur général des Éditions de l’Atelier et Jocelyne Faivret, auteure de Une femme blessée, récit autobiographique écrit avec la collaboration de Pascal Martineau, écrivain public-biographe agréé par l’AEPF.

Les ateliers d’écriture à visée littéraire

Les ateliers d’écriture à visée littéraire animés par des écrivains publics se développent partout. Que cherchent les participants et quel est le rôle de l’écrivain public dans l’accompagnement des participants ? L’écrivain public peut-il les aider dans leur démarche d’écriture et leur souhait d’être publiés ? Élise Vandel, écrivain public animatrice d’ateliers d’écriture, abordera le sujet et deux participantes, Valérie Ouerdane et Cécile Gravellier, témoigneront.

  • Coordination : Marie Huguenin-Dezot, écrivain public, administratrice de l’AEPF.
  • Intervenantes : Élise Vandel (écrivain public animatrice d’ateliers d’écriture), Valérie Ouerdane et Cécile Gravellier, écrivantes.

La biographie

Loin d’être uniquement une stricte retranscription du récit délivré, la biographie est aussi un exercice d’écriture créatif, où l’écrivain public-biographe doit savoir respecter le témoignage, les émotions, les secrets, mais également apporter un style narratif propre. Quelle est la part d’écrivain et celle de porte-plume dans ce travail si particulier ? Adrien Viallet-Barthélémy, professeur de lettres agrégé, nous parlera de l’histoire de la biographie, de l’évolution de ses auteurs, de leur rapport à l’écrit, à la fiction, à la réalité. Un couple de personnes biographées, David et Marie-Françoise Sitbon, témoignera de la façon dont l’écrivain public-biographe a pu transformer sa narration orale en un livre retraçant son histoire.

  • Coordination : Sylvie Monteillet, écrivain public-biographe et secrétaire de l’AEPF.
    Intervenants : Adrien Viallet-Barthélémy (professeur) et David et Marie-Françoise Sitbon (clients de biographie).

Le discours

Rédiger un discours est un exercice singulier car il s’agit de transmettre un message oral grâce à un texte qui accroche l’auditoire et marque les esprits. Qu’il soit destiné à une commémoration, à la présentation d’un nouveau produit ou qu’il s’agisse de rendre hommage à une personne disparue, le discours doit être senti et vécu. Pour l’écrivain, la rédaction implique de connaître l’univers de l’orateur et de faire sienne sa façon de s’exprimer, tout en choisissant pour lui les mots pour le faire. Helena Pelaez, psychologue clinicienne, a eu recours aux services de Caroline Faure, écrivain public, pour l’aider à préparer ses interventions orales introductives dans le cadre de conférences. Elles nous parleront de leur collaboration. 

  • Coordination : Carla Pinto, écrivain public, administratrice de l’AEPF.
  • Intervenants : Caroline Faure, écrivain public agréée par l’AEPF et Helena Pelaez, l’une de ses clientes.

La journée sera une nouvelle fois animée par le journaliste Thierry Watelet que les « habitués » de la JNEP connaissent déjà.

>> Télécharger le dépliant de présentation de la JNEP

Modalités d’inscription

>> L’inscription se fait en ligne sur HelloAsso (paiement par carte bancaire ou chèque bancaire).

Une participation aux frais est demandée : 65 € pour le plein tarif et 40 € pour le tarif réduit (membres de l’AEPF et participants à une formation de l’AEPF), déjeuner inclus.

Les membres de l’AEPF vont recevoir par courrier postal un code de réduction leur permettant de bénéficier du tarif réduit.

Les participants aux formations de l’AEPF qui ne sont pas membres de l’association sont priés d’envoyer un courriel à sylvie@votre-ecrivain-public.com afin de demander le code de réduction.

L’amphithéâtre de 165 places de “La Générale” à Montreuil accueillera les participants à la 4e Journée nationale de l’écrivain public.

 

Auto-entrepreneur : la bonne nouvelle de 2019

Nombreuses et nombreux sont les écrivains publics qui ont opté pour le statut d’auto-entrepreneur ou envisagent de le faire.

Or, depuis le 1er janvier 2019, les nouveaux auto-entrepreneurs peuvent bénéficier de « l’exonération de début d’activité ». Cette exonération partielle des charges sociales, qui s’étale sur trois années avec des taux progressifs, a pour objectif de permettre aux créateurs et aux repreneurs d’entreprise de développer et de consolider leur activité. Cette mesure s’applique automatiquement à tout nouvel auto-entrepreneur quel que soit son profil (demandeur d’emploi, salarié, retraité, etc.) sous condition de revenus.

Cette exonération fait partie d’un « lot » d’autres nouveautés qui s’appliquent en 2019 au statut d’auto-entrepreneur.

Carla Pinto

>> Voir toutes les nouveautés

Permanence d’écrivain public : une belle reconnaissance

« L’accompagnement de nos concitoyens par un écrivain public constitue dans les temps actuels de modernisation de l’État, de la justice et des services publics en général une exigence qui devrait être inscrite de façon pérenne dans les politiques publiques. »

Depuis un peu plus de quatre ans, j’interviens comme écrivain public professionnel à la Maison de la Justice et du Droit d’Orléans et au Centre pénitentiaire d’Orléans-Saran dans le cadre du Conseil départemental d’accès au droit (CDAD) du Loiret.

Ce groupement d’intérêt public est présidé par Sylvie Mottes, présidente du Tribunal de grande instance d’Orléans.

En introduction du rapport d’activité du CDAD du Loiret pour l’année 2018, Sylvie Mottes écrit notamment :

« L’accès aux droits sociaux reste un vecteur important de la politique d’accès au droit conduite au niveau du département. Le CDAD du Loiret a la chance de travailler avec Monsieur MARTINEAU, écrivain public agréé par l’association des écrivains publics de France, particulièrement qualifié. Il est vivement remercié de son travail et de son investissement, notamment au centre pénitentiaire d’Orléans-Saran et à la maison de la justice et du droit. L’exclusion draine vers nos permanences les publics les plus fragiles. L’illettrisme contribue de façon accrue à la désocialisation de nos concitoyens. La réflexion sur ce sujet conduit à ouvrir des perspectives d’extension de la mission de l’écrivain public. Le développement du numérique, la mise en place de PORTALIS et des SAUJ* au sein des juridictions sont autant d’éléments qui militent en faveur du développement de ce dispositif spécifique qui vient en appui des permanences généralistes et de celles plus spécialisées sur le droit du travail, la consommation, le logement, le surendettement et la famille. Le conseil départemental de l’accès au droit du Loiret n’a pas les moyens, pour le moment, de développer ce dispositif. L’accompagnement de nos concitoyens par un écrivain public constitue dans les temps actuels de modernisation de l’État, de la justice et des services publics en général une exigence qui devrait être inscrite de façon pérenne dans les politiques publiques. »

* Service d’accueil unique du justiciable

Voilà une belle reconnaissance du métier d’écrivain public « à caractère social » au service des plus faibles.

Pascal Martineau

Pour un réel accompagnement de la dématérialisation : le cri d’alarme de l’AEPF

L’AEPF lance une pétition sous forme de lettre ouverte au président de la République, au Premier ministre, au secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé du numérique, aux parlementaires, aux préfets et aux élus locaux.

L’AEPF avait, en 2017, organisé un colloque sur le thème « Écrivain public dans un monde numérique. » Les débats et interventions de ce colloque sont venus corroborer le constat alarmant établi par de nombreux écrivains publics dans l’exercice quotidien de leur métier, à propos des effets néfastes de la dématérialisation « à marche forcée » des services publics et administratifs, comme l’avait alors souligné le Défenseur des droits (lire notre article à ce sujet).

Cette situation inquiétante a convaincu l’AEPF de lancer un cri d’alarme, sous la forme d’une lettre ouverte – pétition. Intitulée « Pour un réel accompagnement de la dématérialisation », elle s’adresse à toutes celles et ceux qui nous gouvernent, des maires au président de la République.

Cette pétition est en ligne sur Change.org depuis ce 16 janvier 2019. Outre l’AEPF, deux autres organisations professionnelles ont d’ores et déjà signé cette pétition : le Syndicat national des prestataires et conseils en écriture (SNPCE) et les « Écrivains Publics Auteurs Conseils Associés formés à l’université du sud » (EPACA-Sud).

Or, un heureux hasard du calendrier a voulu que Jacques Toubon, le Défenseur des droits, publie le lendemain un nouveau rapport sur la question qui s’intitule : « Dématérialisation des démarches administratives : le Défenseur des droits alerte sur les inégalités d’accès aux services publics. »

Sous le titre « Le Défenseur des droits et des écrivains publics alertent sur la dématérialisation des services publics », un article paru également ce 17 janvier sur le site du quotidien Libération fait le lien entre ces deux événements.

Nous invitons (bien entendu) chacun et chacune à signer, faire connaître, promouvoir et diffuser cette pétition.

Vous pouvez aussi télécharger et imprimer pour signature manuelle :

Lire aussi l’article du Monde

La lettre-pétition a été déposée comme contribution de l’AEPF sur le site du Grand débat

Un nouveau site internet

À nouvelle année, nouveau site internet. J’ai le plaisir de vous annoncer la mise en ligne ce jour de mon nouveau site internet : latelierdecriture.fr sur lequel vous trouverez toutes les informations concernant mes prestations : rédaction de tous types de documents, correction, réalisation de biographies et de récits de vie, aide à la rédaction, animation d’ateliers d’écriture…

N’hésitez pas à me contacter pour tout renseignement : 06 23 40 47 49

Et si on lisait… « L’Adversaire » d’Emmanuel Carrère

Je me plonge dans ce livre dont le sujet ne laisse personne insensible.

Je ne l’ai pas acheté. Des amis nous l’ont offert.

Savaient-ils que nous étions de fervents amateurs d’émissions criminelles?

Je rejoins l’auteur, Emmanuel Carrère, dans sa quête, nullement voyeuriste, de comprendre ce qui a pu faire basculer un homme dans la peau d’un « monstre. »

Souvenez-vous, l’affaire Jean-Claude Romand !

Cet homme ment à toute sa famille, ses amis, pendant dix-huit interminables années. Il se dit médecin mais passe en réalité des heures dans les bois ou les parkings d’autoroute. Invraisemblable, et pourtant… Il ment bien, très bien. Personne ne voit la faille. Jusqu’au jour où son armure prête à se fracasser, il décide de tuer femme, enfants et parents pour ne pas avoir à avouer son mensonge, et sans doute, pour ne pas les décevoir et devoir affronter leurs regards ahuris, abasourdis, effarés… Lui auraient-ils pardonné ? Ils n’ont plus eu la parole. Jean-Claude avait décidé à leur place.

La faille ? Peut-être dans cet extrait :

« Il dit que sa mère se faisait du souci, à tout propos,  et qu’il a tôt appris à donner le change pour qu’elle ne s’en fasse pas davantage. (…) Tout devait toujours aller bien, sans quoi sa mère irait plus mal et il aurait été ingrat de la faire aller plus mal pour des broutilles, de petits chagrins d’enfant. Mieux valait les cacher. »

Terrible enfance qui nous formate pour le reste de notre vie…

En lisant ce combat entre Satan, l’Adversaire, et Dieu, l’auteur nous emmène au tréfonds de la Foi.

Romand se confie : « Après l’accablement le plus terrible, mes larmes n’étaient plus de tristesse, mais l’effet d’un feu intérieur et de la Paix profonde que donne la certitude d’être aimé. »

Choquant, troublant, mystérieux, ce livre laisse perplexe, incrédule.

Seule vérité, le mensonge agit telle une vermine.

Marie-Agnès Girault de Franqueville

Au hasard du dico : Palimpseste

Je lisais Le guetteur de Christophe Boltanski lorsque m’apparut le mot « palimpseste » :

« Il fallait faire vite. Le jour de la vente approchait. L’appartement devait redevenir ce qu’il était à l’origine. Une page blanche. Des pièces dénuées de fonction, réduites à quatre murs et une porte. Un lieu débarrassé des épreuves, du désœuvrement et des quelques moments de joie dont il avait été le témoin, de la fable qui accompagne chaque espace afin de permettre aux repreneurs de modifier sa disposition, de le refaçonner, surtout de le refictionner, de lui procurer une nouvelle identité. Un logement est un peu comme un agent secret qui change de nom au gré de ses missions. Ou un éternel palimpseste. »

Si l’adjectif éternel ne l’avait précédé, j’aurais pu aisément penser à un juron ou bien à un être mystérieux, témoin précieux et transformiste à la fois.

Considérant ce palimpseste à la loupe, le juron s’éloignait pour mettre en lumière la magie et le mystère qui s’étaient emparées de mes pensées à sa simple lecture.

Palimpseste…

Des airs célestes et funestes s’entremêlaient à son écoute.

Le mystère planait…

Non, il ne faisait pas la sieste…

Alors qui se cachait derrière ces onze lettres modestes ?

Du grec ancien παλίμψηστος, palímpsêstos, signifiant« gratté de nouveau », un palimpseste est un manuscrit couché sur un parchemin dont on a effacé la première écriture afin d’écrire un nouveau texte.

Une sorte d’ardoise magique…

La fascination m’envahit lorsque je découvris que ce procédé moyenâgeux, apparu entre le VIIe et le XIIe siècles et utilisé par de « pauvres » copistes en mal de parchemins, permettait, grâce à des techniques modernes de restauration de documents (chimie, ultraviolets et rayons X), de percer le mystère fou d’autres textes prématurément enfouis dans cet « effacement  » de mémoire. Nul besoin de coffre-fort, les mots sont invisibles et sous vos yeux en même temps !

Que de génie dans ce palimpseste éternel !

Nous n’avons rien inventé du recyclage, qu’on se le dise.

En « ressuscitant » la première écriture de certains palimpsestes, des fragments d’auteurs anciens ont ainsi vu le jour. Le plus célèbre d’entre eux fut le palimpseste d’Archimède restituant l’ouvrage de « La Méthode » datant du Xe siècle. Transformiste, oui, le palimpseste a cette vertu. C’est au XIIIe siècle que l’ouvrage d’Archimède devint un recueil de prières. De bien savantes prières !

Palimpseste d’Archimède du IXe siècle

Des fragments bibliques grecs datant du Ve siècle furent retrouvés sept siècles plus tard, cachés par des travaux du théologien Éphrem le Syrien. Il s’agit du Codex Ephraemi Rescriptus, un simple palimpseste dévoilant deux textes distincts.

Or le palimpseste n’a pas fini de nous étonner par sa majesté. Double palimpseste ou hyper-palimpseste se partagent les records de réécriture sur un même parchemin. Le Codex de Novgorod recèle des centaines de textes, oui vous lisez bien centaines, datant du XIe siècle. Ce livre, le plus ancien de la Russie kiévienne, est  formé de trois tablettes en bois et contient quatre pages remplies de cire sur lesquelles se superposent divers écrits tels que des psaumes, l’Apocalypse de saint Jean, des alphabets, des fragments théologiques… Encore aujourd’hui, ce palimpseste russe inépuisable suscite toujours et encore des recherches scientifiques minutieuses.

Hyper-palimpseste du Codex de Novgorod du XIe siècle

Une question me taraude l’esprit : mais comment effaçait-on ces textes encrés ?

Ces vieux manuscrits étaient désencrés ou effacés grâce à de la pierre ponce, cette roche volcanique très poreuse et de faible densité.

Au sens second, ce qui est classique pour un palimpseste, ce mot désigne le mécanisme psychologique permettant de substituer de nouveaux sentiments, idées ou faits aux précédents antérieurement mémorisés et désormais disparus.

La mémoire ne serait-elle qu’un palimpseste voué à l’oubli ?

Je vous laisse ainsi en proie au doute, et retourne dans ma lecture pour « guetter » de nouveaux mots, au hasard des pages noircies d’encre.

J’oubliais,

le Petit Prince de Saint-Exupéry avait décidément bien raison :

« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »

Ce n’est pas un palimpseste qui osera le contredire.

Merci Petit Prince.

 

Marie-Agnès Girault de Franqueville