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De nombreux écrivains publics, parmi lesquels les membres de l’AEPF, ont été la cible du démarchage intensif de Narrovita depuis sa création en janvier 2019.

Pour mémoire, Narrovita est une plateforme web créée par deux jeunes diplômés d’école de commerce qui se sont lancés sur le marché de la biographie familiale.

Dans un premier temps, Narrovita proposait aux clients des formules standardisées de biographies à des prix défiant toute concurrence, obtenus en sous-payant les écrivains publics volontaires pour utiliser leur plateforme de mise en relation.

Aujourd’hui, Narrovita relance les écrivains publics en disant avoir changé de « modèle économique » – les candidats pour réaliser une biographie pour 500 euros s’étant sans doute avérés trop rares ! Son offre se limite désormais à la mise en relation : tous les écrivains publics qui le souhaitent peuvent être référencés sur sa plate-forme et tous les clients potentiels peuvent accéder à cette plateforme censée devenir le « plus grand répertoire existant de biographes ».

Perplexe, l’AEPF a écrit aux dirigeants de Narrovita pour éclaircir deux points :

Comment sont choisis les biographes référencés sur le site de Narrovita ?

Narrovita nous a expliqué que tout le monde était le bienvenu dans son annuaire, son but étant de référencer « tous les biographes » de France, qu’ils fassent partie d’un réseau ou non. Quid du risque de répertorier à la fois des prestataires sérieux et des biographes autoproclamés sans aucune garantie de professionnalisme ? Narrovita n’a pas répondu sur ce point.

Comment se rémunère Narrovita ?

Narrovita affirme ne prélever aucune commission. À la différence de sa première formule où le biographe devait se plier à ses conditions tarifaires drastiques et à ses méthodes standardisées pour être mis en relation avec un client, l’inscription sur son annuaire serait désormais totalement libre et gratuite, les dirigeants de Narrovita n’étant mus que par l’intérêt pour notre « merveilleux métier » qu’il faut selon eux mieux faire connaître.

Narrovita envisage « par la suite » de se rémunérer sur des « services annexes » en cours d’élaboration (référencement, site internet, publicités digitales, automatisation, mise en page…) que les biographes, référencés ou pas, seront libres d’utiliser ou non.

Traduction : en constituant ce répertoire, c’est son fichier-client que Narrovita met en place.

Chacun est naturellement libre de ses choix mais nous encourageons les personnes qui recherchent une plume pour réaliser leur biographie (ou leur histoire de famille ou d’entreprise) à la prudence.

Comme vous le savez, le métier d’écrivain public (et, a fortiori, celui de biographe) n’est pas réglementé en France. L’agrément de l’AEPF est un label de qualité et c’est précisément pour cela que nous le délivrons. Choisir son prestataire dans un répertoire comme celui de Narrovita qui ne présente aucune garantie concernant le professionnalisme des prestataires qui y figurent expose à de cruelles désillusions.

L’initiative de Narrovita pose aussi la question des tarifs affichés par les différents prestataires sur son site. Pour une prestation comme celle de la biographie, les demandes diffèrent souvent beaucoup selon qu’il s’agit de particuliers, d’entreprises, d’une requête incluant la mise en page de documents ou non, etc.

Mieux vaut donc exiger un devis personnalisé après étude du projet. La mention d’un tarif à l’heure, outre le fait qu’elle peut encourager certains professionnels à une « concurrence au moins cher », peut également induire les clients en erreur et porter préjudice aux professionnels débutants qui, se basant sur certaines indications chiffrées, peineront ensuite à s’y retrouver financièrement une fois leur travail achevé.

La démarche de Narrovita pointe cependant l’importante question de la promotion de notre profession à l’heure du tout numérique. Avec son nouveau site Internet, l’AEPF y travaille. Une page est d’ailleurs en préparation pour améliorer la visibilité de nos membres qui proposent des prestations d’écriture de livres (biographie, histoires de familles, monographies d’entreprises, etc.). En attendant, restons vigilants.